Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865)



Idées : l'héritage socialiste : 

Jusqu'a l'apparition du socialisme, les grands conflits qui divisaient les hommes étaient avant tout politiques. En France, le dernier grand évènement appartenant à l'univers historique classique (politique) fut la Révolution de 1789.
Par la suite, l'avènement de la Révolution industrielle bouleversa complètement les structures sociales des grands pays occidentaux. On découvrit un phénomène incroyable la machine enrichissait bien globalement la société, mais elle livrait un groupe social nouveau, la classe ouvrière, à une pauvreté apparemment sans cesse grandissante.
Le paupérisme naissait du machinisme! Dès 1815 en Angleterre, et par la suite en France, en Allemagne, des précurseurs plaçaient la protestation sociale sur un terrain nouveau qu'elle ne quitterait pratiquement plus le terrain économique.

Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865)

"La propriété c'est le vol" est la phrase la plus fameuse de Proudhon avec "Dieu c'est le mal" : que voulait-il dire ?

Rien n'est produit uniquement par le travail individuel. La société participe à toute production : c'est la notion de force collective. Deux cents grenadiers ont mis debout l'obélisque de la Concorde en quelques heures. Jamais un seul grenadier ne l'aurait hissée en deux cents fois plus de temps.

Par conséquent, dans la mesure où la propriété privée implique appropriation par un individu des bénéfices de travail en commun, la propriété est un vol. Particulièrement, le régime de l'appropriation privée des biens de production spolie le travailleur, nécessairement, par le jeu même de l'institution.

Pourtant, la propriété est aussi la liberté. C'est le seul rempart contre l'Etat détestable en soi. Le collectivisme, c'est-à-dire chacun livré à l'Stat propriétaire omniprésent, serait le pire mal.

Donc : thèse, la propriété c'est le vol; antithèse, c'est aussi la liberté.

Quelle sera la synthèse ? Proudhon la recherchera longtemps, d'où les sarcasmes d'un certain Marx, jeune allemand obscur, qui en 1846 écrit la Misère de la philosophie pour répondre au livre du grand Proudhon : Philosophie de la misère. Proudhon écrit encore La justice dans la Révolution et dans l'église (1858), Capacité politique des classes ouvrières (i 865), Le principe fédératif (1863).

Pour Proudhon, l'esprit est tout l'homme, et l'infrastructure du monde est constituée par les idées.

L'idée mère est la justice. La justice est immanente : elle habite l'homme. L'idée de justice se perfectionne avec l'homme il faut respecter la dignité humaine car l'homme est le dépositaire de l'idée de justice.

Proudhon est donc résolument individualiste. La personnalité de l'homme est précieuse, même si elle est parfois trop raisonneuse et encombrante tout vaut mieux que le collectivisme. La conclusion mène tout droit à l'anarchisme :

Proudhon refuse tout gouvernement, tout État.

Direct ou indirect, le gouvernement du peuple sera toujours l'escamotage du peuple. La formule révolutionnaire est plus de gouvernement.

Le suffrage universel ne trouve pas davantage grâce à ses yeux :

Religion pour religion, l'urne populaire est encore au-dessous de la sainte ampoule mérovingienne. Tout ce qu'elle a produit a été de changer la science en dégoût et le scepticisme en haine.

Les groupes humains ne doivent pas être trop grands, et doivent pouvoir entretenir des rapports libres fédéralisme anarchique. De même dans le domaine économique, de petits groupes libres pratiqueront un mutuellisme productif. Proudhon nie l'État, le Gouvernement et le suffrage universel, mais non le fait social. Il prône au contraire la solidarité sociale, le droit de la société. Proudhon est organiciste. Telle est sa synthèse, en somme prendre ce qu'il y a de valable dans le collectivisme, et ce qu'il y a de valable dans l'individualisme libéral classique. Chez lui, ni le monisme de la collectivité qui fait des citoyens Lin troupeau, ni l'individualisme absolu à la Benjamin Constant, mais un pluralisme : que la justice réalise l'engrenage des libertés, qu'elle permette à chacun de

se sentir à la fois comme personne et collectivité, individu et famille, citoyen et peuple, homme et humanité.

Proudhon est le père de toute une famille socialiste Parallèlement à lui, des hommes comme Blanqui ("à chacun selon ses besoins" c'est-à-dire le communisme à la Babeuf), Louis Blanc (les Ateliers nationaux, triste caricature de son "Atelier social"), ou encore Lamennais, "Paroles d'un croyant", sont des hommes qui ont œuvré pour dessiner un socialisme très particulier, très français. Mais l'idée socialiste avait d'autres patries la Russie, l'Allemagne et à un moindre degré l'Angleterre.

Index
Sommaire
Nouveautés
Mémoires
J.-B.-V. Proudhon
  Chasnans
  P.-J. Proudhon
boule.gif (133 octets)  P.-J. P. Œuvres
english[1].gif (970 octets) P.-J. Proudhon
  Généalogie
  J.-P. Proudhon
  P.-P. Prud'hon
puce_vert.gif (995 octets) F. Proudhon
puce_vert.gif (995 octets) J.-P. P


Questions,  Suggestions,  Commentaires : Jean-Pierre.Proudhon@wanadoo.fr 
Conception JpP Copyrigh © 1997-98-99
Dernière modification : 07-mai-1999