Chasnans



La commune :


La commune de Chasnans.

Le Parterre, maison Proudhon

Photo A. Bouvresse

Le ruisseau, qui naît aux Vies de Chasnans s'écoule au sud, dans un profond vallon. Chasnans, sur le flanc droit, était plus proche autrefois de ce ruisseau, il a maintenant pris de la hauteur. Il était plus escarpé, moins cependant qu'Athose, le village voisin auquel il est souvent associé.

Village plutôt regroupé jusqu'aux temps modernes, mais qui s'étend dans la direction de Nods avec un quartier neuf. La mairie en marquait le centre ; il n'y a pas d'église. L'altitude de 740 mètres est sensiblement la même, y compris dans le secteur des fermes à l'est. Celles-ci, nombreuses, sont plus connues sous l'appellation générique de " Petit Paris ", un hameau bien situé sur la route Besançon - Pontarlier.

Histoire

L'histoire lointaine de Chasnans ne nous est pas connue, le village n'apparaît dans les textes qu'en 1208. Seule trouvaille d'ordre archéologique, faite en 1842: cinq tombes, signalée par Castan, et qui seraient mérovingiennes ; mais on ignore tout d'elles aujourd'hui. Il est probable qu'il y eut dans les parages quelque domaine agricole, dépendant directement de l'importante cité de Nods. Par ailleurs, pas d'influence monastique, semble-t-il, et pas de paroisse.
Chasnans a relevé de tout temps de ta paroisse de Nods de ce fait, il faisait partie des 19 villages composant le Bouchéage de Pontarlier, une association jouissant d'une certaine indépendance administrative. Cette situation quelque peu privilégiée, qui se terminera en 1537, laisse Chasnans dans le silence historique.
A peine a-t-on quelques textes le concernant, a la fin du XVIII siècle, de la part des seigneurs protecteurs et suzerains : les Montfaucon et les Cicon.
Le Bouchéage terminé, c'est la seigneurie de Chastelneuf-de-Vuillafans qui tient le fief de Chasnans. De 1550 à 1604, plusieurs textes disent les redevances des habitants à cette seigneurie. Ainsi en 1564, Estevenin et Jehan Oeuvrard et Girardin, dit Roussel, s'acquittent de leur dû entre les mains de Jehan Racle, receveur des terres de Chastelneuf on apprend à cette occasion que la communauté de Chasnans ne paie pas les habituelles redevances de cire, car il ne s'y est trouvé personne pour exercer la mairie. Ces mêmes habitants, en 1604, ne veulent plus de leur four public, dont ils sont cependant propriétaires, ils le vendent à Antoine Moine de Lods, pour 1.800 francs.
En 1614, Chastelneuf a déjà été absorbé par l'autre seigneurie de Vuillafans, Chateauvieux. Ferdinand de Rye, qui la tient, en 1627, la joint à celle de Cicon qu'il vient d'acheter. Dès lors Chasnans, et jusqu'à la Révolution, va relever de cette seigneurie de Cicon. Dans un dénombrement de 1649, il est dit que le plus grand nombre de mainmortables pour Cicon et qui paient 100 francs de taille, se trouve, par ordre, à Passonfontaine, puis à Epenoy (36), à Arc (31) et à Chasnans (16).
Le Creux des Baraques est une dépression circulaire assez profonde, située dans les bois à l'est du village, La tradition rapporte qu'elle servit de refuge aux habitants lors des guerres et notamment pendant la sombre période des Suédois (1635-1644). Les restes de constructions de bois, de baraques, qui ont été vus aux environs, dateraient de cette époque. Toute proche, la petite cavité de la Baume des Marmottes est célèbre pour avoir abrité la statue de la Vierge, dite Notre-Dame d'Athose, actuellement dans cette église.
Déjà bien éprouvé par la guerre, le village va subir deux incendies successifs, le premier en 1720, dont on sait seulement qu'il fut considérable. Le deuxième se produisit le 29janvier 1747, alors que la population assistait aux vêpres à Nods. Le vent très fort propagea le feu, 22 maisons sur les 25 que comptait le village furent totalement détruites, ainsi que tout le fourrage et la plus grande partie du mobilier. Les 7 fermes d'alors, éloignées, avaient été épargnées. La reconstruction qui s'ensuivit tint compte du trop grand escarpement ou était bâti l'ancienne localité. Les Chasnans furent abandonnés et fournirent la pierre pour les nouvelles maisons, édifiées plus haut, à l'amorce du plateau
Les fermes occupent une place importante dans l'histoire du village. La Grange Reine arbore une pierre sculptée 1666. Tout proche, un hameau a disparu, le Morey, 5 maisons et un château. Plus connu sous le nom de "Chez Pilant", qui fut la dernière maison habitée, ce hameau vit son château, un manoir plutôt, démoli pierre à pierre, avant 1914. Il sera remonte par son propriétaire, M. Gaudy, près de la ferme du Malpiot à Longemaison
Quant au Petit Paris, c'est un hameau bien connu, parce que situé sur la route de Besançon à Pontarlier, avec escale gastronomique. Autrefois, en 1612, la Grange de Dinevache était seule à cet endroit. Un traité de 1647 règle les droits de pâturage, entre Chasnans et Athose, sujet des granges de Dinevache et du Fourney. Ces deux fermes étaient alors les seules dans ce territoire des deux communes où beaucoup d'autres s'établiront par la suite. C'est un peu toutes ces fermes que recouvre aujourd'hui l'appellation : le Petit Paris, un rebaptême que provoqua bien involontairement le curé de la paroisse (Nods), à la fin du siècle dernier. Parlant un dimanche en chaire du hameau de Dinevache, qui ne comptait pas moins de 4 cafés ou l'on s'amusait beaucoup, avec le support de la brecote (contrebande), il déclara qu'il s'agissait là d'un vrai " Petit Paris " L'expression prévalut petit à petit sur celle de Dinevache.

Economie - Société

I cheval et 2 vaches par feu en 1688, avec le complément de quelques moutons et porcs, voilà l'économie rurale bien modeste du village. En 1773, le pain, fait d'orge et d'avoine, est le plus courant ; on récolte 5.127 boisseaux de ce mélange ; viennent ensuite le froment avec 2.175 boisseaux, l'orge : 370, l'avoine : 37, l'élevage s'est intensifié : 139 bêtes à cornes et 119 moutons, pour 16 exploitants.
Au début du XXé siècle, l'élevage laitier a depuis longtemps trouvé sa place sur ce relief qui y pré, dispose 302 bovins, alors que les chevaux sont au nombre de 14, les moutons de 33 et les porcs de 48.
En 1983, l'orge est la première céréale (25 ha), devant l'avoine (12 ha), le tout pour la nourriture de 650 vaches et génisses qui constituent le cheptel villageois, auquel il faut ajouter les 150 porcs d'une porcherie. Les 7 exploitants du village même ont produit, en 1981, 554 000 litres de lait, transformés essentiellement en fromage de comté. Une deuxième fromagerie, installée aux fermes en 1825, fut remplacée, vers 1914, par un simple pèse-lait pour la fromagerie de Nods. Depuis 1966, les 4 exploitants des fermes utilisent pour leur lait des débouchés divers.
Dans ce village où les résidences secondaires sont une dizaine, l'industrie et les services n'attirent à l'extérieur que 5 personnes. Le commerce est inexistant, 1 maçon et 1 menuisier y représentent l'artisanat. Depuis peu, les sports (l'hiver, et notamment le ski de fond, ont trouvé dans la zone des fermes un relief propice.
Sur le ruisseau, le Rhez, avait été bâti un moulin. Le cadastre de 1825 dessine un étang et deux écluses, avec une maison à chacune. Mais, malgré le rôle régulateur de l'étang, le moulin chômait 10 mois de l'année. Les deux scieries signalées à la même date avaient plus d'audience, ce travail pouvant attendre la montée des eaux.
Au village, à part un linteau de porte daté 1632, se remarquent deux maisons d'un certain style, construites par deux familles qui rivalisaient d'influence à Chasnans au XVIIIé siècle, les Hanriot et les Proudhon. Celle des premiers porte des dates entre 1730 et 1740, époque des incendies. La maison des Proudhon faisait partie d'un ensemble appelé le Parterre, aujourd'hui séparé en deux par la route de Vernierfontaine. C'est la maison natale de Jean-Baptiste Proudhon. Le nom de parterre conviendrait mieux à présent au terrain voisin, entouré de murs avec tours d'angles.
Pour l'enseignement, les enfants devaient se rendre à Nods, la paroisse. Un instituteur est signalé exerçant à Chasnans en 1798, la construction d'une école viendra plus tard. Actuellement, les enfants fréquentent, depuis 1963, l'école d'Athose. Dès 1880, ceux des fermes étaient scolarisés au Petit Paris ; leur école, construite en 1912, ferma en 1972 au profit de Nods, où de tout temps s'étaient rendus leurs ancêtres.



Histoire religieuse


Chasnans n'a jamais eu d'église, sa paroisse a toujours celle de Nods. Il semble que s'il y avait eu au moins une chapelle au village, on lui aurait accordé le droit de se construire une église. C'était en effet le levain indispensable pour obtenir gain de cause; Vanclans par exemple, qui relevait aussi de Nods, eut cette faculté. Les habitants de Chasnans réclamaient ce droit, vers les années 1840-1850, ils avaient même acheté un clos à cette intention. C'était sans compter sur les curés de Nods, lesquels s'opposèrent nergiquement toute velléité d'indépendance du village annexe.
Curieusement, en 1913, après des différends avec Nods, quant à l'emplacement du nouveau cimetière paroissial, Chasnans se dota d'un cimetière, ce qui est assez rare pour un village sans église. La participation aux charges de l'église de Nods est de un tiers de celles-ci.   

Equipement

Projeté en 1833, réalisé en 1848, le bâtiment communal à triple fonction avait fière allure, mairie, école et fromagerie, surmonté d'un clocheton. La fromagerie a émigré dans un chalet neuf, en 1963. La salle d'école, devenue inutile, s'est agrandie et embellie pour une salle des fêtes.
Dans ses registres municipaux, le conseil a consigné toutes les démarches faîtes pour amener des sources dans les fontaines et réservoirs du village. Le lavoir couvert date de 1815 C'est seulement après l'adduction plus sérieuse de 1936, avec l'eau de la Fontaine de l'Arche, que l'on se permit de combler l'ancienne mare du Crezet, jusque-là si précieuse (1938). La qualité de construction des réservoirs est remarquable, tant pour ceux de Chasnans que pour celui des fermes, captant la source de la Chenalotte.

Voies de communication

Le C.D. 32 (d'Amancey à Belleherbe) longe la partie basse du village, lequel est à 14 km au sud de Vercel, à 38km à l'est de Besançon et à 38 km au sud-est de Baume-les-Dames

Cadastre

Premier cadastre établi en 1824. Territoire communal de 786 ha, dont 218 en forêt (1970)

Hameaux et écarts

L'Olivier, La Grange Reine, Le Moray, la Grange sous le Crest, Les Gens de Valte, Dinevache devenue Le Petit Paris.

Toponymie

Chasnans (1208), Chanans (1254), Chenans (1301), Chanens (1361), Chaignans (1429), Chasnans (1639).
Histoire

Situation: administrative

Ancien Régime. - Subdélégation d'Ornans
Révolution,. - District d'Ornans , Canton de Nods

Situation judiciaire

Ancien Régime - Présidial de Besançon, bailliage d'Ornans, justice seigneuriale de Chastel-neuf-de-Vuillafans, puis de Cicon.

Equipement

Fcole-Mainie-Fromagerie, 1848 (architecte Cheviller). Electrification 1925. Adduction d'eau, 1936, puis par le Syndicat des de ta Loue en 1968, ainsi qu'aux. Fermes.
 Histoire religieuse  

Situation ecclésiastique

 Ancien Régime. - Doyenné de Varais, paroisse de Nods.
XIX~.XX~ siècles, - Doyenné de Verçel, paroisse de Nods.
Actuellement. - Zone pastorale des plateaux dit Doubs, doyenné de Vercel, paroisse de Nods

Célèbrités

Proudhon (Jean-Baptiste-Victor): né a Chasnans le ler janvier 1758. Juge au Tribunal de Pontar lier en 1790. Juge de paix du canton de Nods en 1792. Juge au tribunal de Besançon puis professeur de droit civil à Dijon en 1806 et doyen en 1909. Homme droit et juriste distingué il écrivit de nombreux ouvrages de droit.
Le célèbre socialiste et publiciste, Pierre-Joseph Proudhon naîtra à Besançon, d'un père originaire de Chasnans et petit cousin du précédent.

Sources et bibliographie

Sources. - Guide des AD., II, p. 115. (Archives antérieures à 1870 déposées aux A.D.).
Bibliographie. - Bouveresse (A.), De Cicon à la Grâce-Dieu, Histoire des villages du canton de Vercel, Vesoul, 1979, p. 229-232.
Economie - Société

Démographie historique

1593 : 43 feux, 228 hab. - 1614 : 22 feux.
1657 : 123 hab. - 1688 : 23 feux, 109 hab.
1790 : 244 hab. - 1826 : 243 hab. - 1852 : 308 hab.
1876 : 359 hab. - 1901 : 318 hab.- 1926 : 247 hab.
l954 : I89 hab. - 1975 : 114 hab. - 1982 : I43 hab.

Pertes subies au cours des dernières guerres :

1870-1871 : 4
1914-1918 : 18
1939-1945: 0

Familles existant au XVIII sciècle (1750)

Cachod, Dornier, Drezet, Droz, Girard, Graby, Hanriot, Humbert, Jeanningros, Laithier, Mourot, Mercier, Mairot, Proudhon, Oeuvrard, Orsat, Roussel, Sancey, Viennet.

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Dernière modification : 07-mai-1999